Faire la guerre à la guerre


Synthèse des travaux réalisés au CICR de Genève le 21 mars 2019 sur le droit de la guerre (projet SO RIGHTS-atlas pédagogique-volume 2- éducation à la paix, aux droits de l’homme et à la citoyenneté internationale) + texte du recueil Agora " (la guerre n’est pas la loi du monde" lu le 19 mars 2019 au Palais des Nations Unies).

Les collégiens de Castillonnès ont participé le 21 mars 2019 à un atelier-cours de droit humanitaire de deux heures au CICR de Genève avec Bojana Vevcov et Audrey Baete, deux bénévoles de la Croix-Rouge suisse (avocate en droit international et humanitaire) dont l’objectif était :

*de faire mieux comprendre les défis humanitaires et les conflits contemporains ;
*d’enrichir la réflexion sur les moyens d’améliorer les politiques et l’action humanitaires pour mieux faire respecter le droit international dans le cadre des conflits armés en lien avec les articles des Conventions de Genève et leurs protocoles ;
*de connaître les règles de droit international qui restreignent les moyens et les méthodes de guerre ;
*de comprendre les lois de la guerre ;
*de connaître les règles de l’étude du CICR sur le DIH.

La séance s’intègre parfaitement dans le cadre de l’éducation civique pour traiter la dernière question du programme sur l’ONU, le droit humanitaire et la solidarité internationale. Elle complète aussi la déclaration de l’ambassadeur de France François Rivasseau sur le désarmement et la paix  : en effet, l’Assemblée générale, des Nations Unies travaille aux côtés d’autres organes des Nations Unies et avec le soutien du Bureau des affaires de désarmement, au désarmement et à la non-prolifération des armes nucléaires, chimiques, biologiques et d’autres armes de destruction massive, ainsi que des armes conventionnelles afin de promouvoir la paix et la sécurité internationales. À travers une analyse détaillée du DIH, Bojana et Audrey ont abordé des questions juridiques aussi récentes que fondamentales qui se posent dans les conflits armés, avec un plan d’étude qui permet de développer un cours sur les missions communes de l’ONU et du CICR.

Qu’est-ce que le droit international humanitaire ? Pourquoi est-il important ? Qui protège-t-il et comment ?

Le droit d’ingérence humanitaire est-il un devoir ?
L’aide humanitaire est-elle notre bonne conscience ?

L’aide humanitaire, un devoir de neutralité

Des réponses simples et concises à ces questions et à d’autres, similaires, ont été données par les deux intervenantes qui ont expliqué le rôle du CICR en tant que gardien du droit humanitaire. La présentation avait aussi pour but de transporter les élèves dans le monde de la diplomatie et de la négociation en utilisant la pédagogie par l’action. Les activités mises en place à travers les travaux de groupe et lors des prises de parole ont permis de développer la responsabilité de chacun par le respect des valeurs du CICR et de l’ONU. Le premier jeu de simulation a démontré la complexité des prises de décisions et des enjeux géopolitiques. Les élèves ont également analysé des situations de conflit et d’urgence humanitaire, participé à des débats sur l’utilisation des armes de guerre et la gestion des réfugiés, planifié des stratégies tout en adhérant au code de procédure juridique du CICR et des traités internationaux.
Sujet de brevet (synthèse)

« Vous êtes un jeune bénévole de la Croix-Rouge internationale et vous êtes chargé d’expliquer à vos camarades à quoi sert cette organisation ainsi que les règles du droit humanitaire international applicables dans les situations de conflits armés."

Tableau de la séquence pédagogique sur document joint (PDF)

Document validé par le CICR de Genève et la CRS de Berne.

Droit humanitaire international et droits de l’homme

Le DIH et les droits de l’homme visent à protéger la vie et la dignité des êtres humains. Bien que complémentaires et souvent simultanément applicables, ces deux systèmes juridiques se distinguent clairement l’un de l’autre. Ils ont par ailleurs connu un développement distinct et sont consignés dans des textes différents.
Le DIH vise à prévenir et à résoudre les problèmes humanitaires engendrés par la guerre. Il est contraignant pour toutes les parties à un conflit armé, y compris les groupes armés non étatiques. Les droits de l’homme imposent essentiellement à l’Etat certaines obligations vis-à-vis des individus. S’appliquant en tout temps, ils lui fixent des règles relatives aux libertés et droits individuels et collectifs des personnes. Les droits de l’homme sont des droits inaliénables conférés à tous les êtres humains sans distinction. Les Etats sont toutefois habilités, dans des situations d’urgence et dans une certaine mesure, à suspendre temporairement certains droits de l’homme. A l’inverse, le DIH ne peut être suspendu car ses règles ont été élaborées spécifiquement pour les conflits armés.
Les deux systèmes juridiques interdisent la torture et les traitements contraires à la dignité humaine, prévoient des garanties fondamentales de procédure, prohibent la discrimination et règlent des aspects du droit à l’alimentation et à la santé.
Le DIH contient cependant aussi des normes qui ne font pas partie intégrante des droits de l’homme, à l’instar des règles concernant la conduite des hostilités, le statut des combattants et des prisonniers de guerre, ainsi que la protection des emblèmes de la croix rouge, du croissant rouge et du cristal rouge.
Pour leur part, les droits de l’homme portent notamment sur la liberté de la presse, la liberté de réunion et d’autres droits politiques non couverts par le DIH. L’application du DIH et des droits de l’homme incombe avant tout aux Etats. En revanche, toutes les parties à un conflit sont tenues de se conformer au DIH, y compris les groupes armés non étatiques. Les deux systèmes juridiques exigent des gouvernements et des parlements des Etats contractants qu’ils intègrent dans le droit national les droits et obligations découlant des normes juridiques internationales.


Documents joints

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