Droits de regards


Libertés et droits de l’homme aujourd’hui

"Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde" -Gandhi

Les collégiens de Castillonnès ont vu la statue qui rend hommage à Gandhi devant le siège des Nations Unies de Genève le 19 mars 2019.

Repenser la liberté dans un monde ouvert

Le projet OUTSIDE sur les droits de l’homme, les libertés et la démocratie réalisé cette année par les collégiens de 4ème de Castillonnès en EMC sera présenté au Conseil de l’Europe de Bruxelles le 14 mars 2020. L’atlas pédagogique de projet (234 pages) a reçu le prix UNESCO et le prix René Cassin en 2018 ainsi que le prix de l’éducation citoyenne en 2019. OUTSIDE est le 3ème volet du travail thématique.
"C’est l’expérience qui nourrit l’inspiration"- Nick Murphy

La nouvelle étude s’intéressera aux défenseurs des droits de l’homme, aux libertés d’expression et d’information dans le monde et aux prix Nobel de la paix (1901-2019).
Un projet déjà soutenu par Amnesty International, Reporters sans frontières, la Ligue des droits de l’homme et la Fondation Robert Schuman.

Séjour de projet à Bruxelles du 13 au 18 avril 2020.
Présentation du projet au Conseil européen de Bruxelles le mardi 14 avril à 11 heures.

Une réflexion axiologique
De Bordeaux à Bruxelles : 8 ans de travail

Le parcours de projet (2013-2020) souligne de manière précise l’approche étroite des droits de l’homme en lien avec l’histoire et la culture des libertés en mouvement, plus jamais au cœur des préoccupations du monde globalisé et multipolaire qui est le nôtre, l’interprétation constructive à travers les mécanismes internationaux de protection (ONU-Genève et CICR Genève 2019).
Il éclaire les débats et les combats actuels, dans le foisonnement des acteurs et des attentes. Les textes écrits avec les élèves donnent du sens et corps à la défense des droits politiques, sociaux, culturels et de solidarité dans le monde.
Le projet est un forum citoyen et un filtre critique pour défendre les valeurs et les institutions démocratiques et un véritable plaidoyer pour les Droits de l’homme. Il s’appuie sur les textes de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et sur la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Il fera l’objet d’une évaluation du palier 4 du livret de compétences du socle commun en EMC : culture humaniste, compétences sociales et civiques, maîtrise de la langue française, maîtrise des TICE, autonomie et initiatives, parcours citoyen

Un projet construit à la lumière des enjeux contemporains dans la continuité de la démarche, au cœur de l’histoire et de l’actualité

24 articles sont aussi parus dans la presse régionale et nationale depuis la mise en oeuvre du projet avec les élèves en 2013.
Depuis, le projet s’est construit de manière très motivante étape par étape à Strasbourg, Verdun , Vilnius, Bordeaux, Omaha et Bayeux, Genève et Bruxelles autour des thèmes de la liberté, de la paix, du droit et de la justice internationaux, de l’Europe et de la démocratie. Le projet a constitué un instrument de travail essentiel pour les cours.
Les grands défis de l’humanité commandent aujourd’hui de prendre la mesure de la fragilité des démocraties. De la fragilité humaine tout simplement. Dans ce contexte, la dignité apparaît comme le principe central où viennent fusionner les devoirs, les responsabilités…..et l’engagement responsable. La défense de la dignité humaine, des libertés et de l’égalité n’est pas une évidence partout, surtout dans les régimes autoritaires.

https://www.ladepeche.fr/article/2018/04/28/2788579-college-jean-boucheron-laureat-concours-unesco-2018-2018.html
https://www.sudouest.fr/2019/10/17/de-geneve-a-bruxelles-6710327-3656.php
https://www.ladepeche.fr/2019/09/28/college-un-projet-a-defendre,8444378.php
https://www.ladepeche.fr/2019/02/26/le-projet-places-libres-des-collegiens-seduit-lonu,8037627.php
https://www.ladepeche.fr/2019/03/30/college-les-eleves-de-3e-ambassadeurs-du-monde,8100308.php
https://onu-geneve.delegfrance.org/Rencontre-avec-les-eleves-du-college-Boucheron-de-Castillones-laureats-du-prix
https://www.ladepeche.fr/article/2018/10/06/2883027-eleves-de-3e-du-college-leur-projet-a-l-onu.html
https://www.ladepeche.fr/article/2018/10/20/2892047-college-un-concept-unique-pour-un-projet-personnalise.html
https://www.ledauphine.com/haute-savoie/2019/03/24/45-collegiens-laureats-d-un-concours-national-de-l-unesco-a-evian
https://www.ladepeche.fr/2019/02/05/college-boucheron-1er-prix-du-concours-national-unesco,7995149.php
https://www.ladepeche.fr/article/2018/01/21/2725949-projet-citoyen-musical-partir-textes-romain-humeau.html
https://www.ladepeche.fr/article/2013/10/03/1722283-castillonnes-college-j-boucheron-des-causes-a-coeur.html
https://www.sudouest.fr/2013/10/02/des-collegiens-engages-1186021-3656.php
https://www.lepetitjournal.net/47-lot-et-garonne/2018/01/15/romain-humeau-sous-le-choc/
https://le-monde.ddns.net/nouvelles/un-projet-citoyen-et-musical-a-partir-des-textes-de-romain-humeau
https://www.ladepeche.fr/article/2018/05/15/2797923-le-college-jean-boucheron-recoit-le-prix-rene-cassin.html
https://www.ladepeche.fr/article/2018/12/18/2926862-college-jean-boucheron-avec-les-yeux-du-coeur.html
https://www.ladepeche.fr/2019/06/18/les-collegiens-recompenses-en-prefecture,8262933.php
https://www.ladepeche.fr/2019/06/19/remise-des-prix-de-leducation-citoyenne,8265019.php

L’idée de liberté

Les droits de l’homme et la justice internationale constituent le langage commun de l’humanité. Ils témoignent aussi des expériences tragiques et de la complexité du sens même des libertés (d’expression, d’opinion et d’information) dans la construction de la démocratie et des droits pour défendre la dignité humaine partout dans le monde.

Le projet OUTSIDE est suivi par la DAREIC académique de Bordeaux et la Commission nationale des droits de l’homme (CNCDH)., accréditée auprès des Nations Unies. Il sera présenté au Conseil de l’Europe et à la maison de l’histoire européenne ainsi qu’au siège belge d’Amnesty International à Bruxelles les 14 et 17 avril 2020 et au Consulat de Belgique de Bordeaux en mai 2020.

Parler des droits humains aujourd’hui

Les 18 titres du nouveau recueil de textes OUTSIDE présenté à Bruxelles en avril 2020. Certaines études feront l’objet d’un travail artistique (clip, danse-comment les artistes oeuvrent à partager leur vision du monde).

Les textes du livret seront écrits avec les élèves.

Des réflexions politiques et poétiques : regarder et interroger le monde
Un projet réactif et créatif

Comme si de rien n’était (les combats d’Amnesty International)
En léger différé (actu-monde-droits de l’homme-exposition journée mondiale des droits de l’homme-10 décembre)
Outside (derrière la ligne rouge)
Juste pour vivre (les droits des opprimés dans le monde)
A crier dans les rues * (Romain Humeau-à tout moment la rue)
Sous le ciel bleu de Szeged (Blanka Nagy-entre révolte et espoir : un combat pour la liberté-l’histoire d’un rêve)
Free to dance (hommage à Afshin Ghaffarian-le bonheur est un droit du peuple iranien-film Desert dancer)
Les hommes ne pleurent pas (13 mots sur les guerres qui n’en finissent pas + 30ème anniversaire de la CIDE)
Nos batailles (la liberté d’information dans le monde en 2020-Reporters sans frontières-ennemis d’Etats)
Le monde ne suffit pas (au-delà des droits)
A visages humains (les prix Nobel de la paix 1901-2019-galerie de portraits)
Défendre les droits humains, est-ce un crime ? (défenseurs des droits de l’homme dans le monde-CNCDH Paris)
Rêv’olutions (des luttes pour les libertés toujours brûlantes)
Et maintenant ? (Checkpoint Charlie-Ni après, ni avant : what does the future look like ?-30ème anniversaire de la chute du mur de Berlin)
Human (Liban, Kurdistan syrien, Turquie, Thaïlande, Bolivie, Kosovo, Ouganda, Philippines, Hong-Kong, Iran, Chili….une année dans le monde à travers la presse-Courrier international-Sud-Ouest-la Dépêche du midi-Géo Ado- Mon quotidien)-CDI
Le cœur ne s’arrête pas quand on meurt (hommage à Daniel Tibi-ex-prisonnier en Equateur-Sud-Ouest Bordeaux)
J’ai choisi la liberté (l’histoire et l’actualité)

Synthèse

C’est dit (plaidoyer pour les droits de l’homme, la démocratie et la paix : un texte pacifiste pour un monde uni)
La guerre n’est pas la loi du monde / texte de projet "Humanités" 2013-2020


NB*
A crier dans les rues

Des rencontres imprévues entre la géographie, l’EMC et la musique

Au départ du projet, il y a la chanson de Romain Humeau, leader du groupe Eiffel, "A tout moment la rue"…..qui a tout rendu évident. L’idée a été déterminante. Ce fut ensuite un long cheminement. Nous terminons toujours la présentation de notre projet par cette chanson (hymne) qui dit que la liberté d’expression est celle qui permet de défendre toutes les autres, pour dire NON à la tyrannie, à la dictature, à l’oppression, à la guerre, aux inégalités....
La liberté d’expression permet de vivre librement et de faire valoir l’ensemble des droits humains.
Avec cette phrase en tête, le sujet est venu tout seul : d’une certaine manière la chanson était visionnaire. Elle a donné l’impulsion nécessaire, a lancé tout le processus. "A tout moment la rue" et "place de mon cœur" sont l’épicentre des 6 années de projet.
Le fil conducteur dans la trame des évènements et des œuvres.
Des messages de paix et de tolérance, des rêves beaux et peut-être inatteignables mais qui permettent au projet de prendre son sens et de trouver la note juste, émouvante et souvent désabusée….
Des morceaux qui préfigurent le monde de demain inexorablement attirés par une certaine modernité : la fragilité des démocraties, les combats humanistes, les inégalités, la violence des sociétés, les dérives de la mondialisation….. Tous les passages écrits et travaillés avec les élèves tournent autour de ces idées fortes de l’actualité et ont influencé l’écriture de certains textes comme "Humanités" et "Agora" (prix UNESCO 2018-la liberté d’expression comme forme d’engagement), « Orange is the new-Revoloutsia » (révolution ukrainienne-Maïdan-texte écrit pour Ioulia Klekot) et « Pas de printemps pour Pékin-China boy » (place Tienanmen).
La chanson contribue à la démocratie quand elle se met au service d’une cause sociale, économique ou politique pour dénoncer des abus, des injustices.. ; elle peut aussi sans s’engager parler de ce qu’elle voit avec sa liberté d’expression et ses propres convictions pour faire écho et donner sens à l’actualité.
C’est aussi une immense responsabilité de faire comprendre la démocratie, la paix, la fraternité, les droits de l’homme à de jeunes élèves… et d’expliquer pourquoi le monde est comme ça.
On a d’abord essayé de partir des textes des déclarations des droits de l’homme de 1789 et 1948, des paroles des chansons et des clips juste pour voir et en quelques minutes on a compris qu’on venait de trouver la direction du projet. Un travail très épars au départ mais aussi très intéressant car très ouvert. Il a fallu faire le tri dans les idées et mettre de l’ordre dans les chansons choisies pour illustrer chaque sujet, chaque thème et construire et un questionnement autour des droits de l’homme, des libertés et de la paix en s’approchant au plus près de l’actualité.
L’expression de choix et d’un engagement personnel et collectif.
Au bout de 4-5 textes, on a commencé à mieux maîtriser.
La chanson a donné une idée plus précise de ce qu’on voulait faire. Elle a permis de mettre le doigt sur la thématique du projet : c’est-à-dire trouver le point d’équilibre entre la peur et l’optimisme, entre la responsabilité, l’engagement et l’apathie, d’être conscient de l’état du monde tout en étant "heureux de vivre dans un pays libre".
On se pose aussi les bonnes questions quand on s’intéresse au monde et qu’on prend réellement conscience.
Un monde si proche et en même temps si lointain dans cette époque d’outrance visuelle et informationnelle absolue….dans toute leur vérité et leur cruauté humaines.

Allier les idées et les textes musicaux était un concept intéressant dans le projet. Toute poésie, toute idée engagée et humaniste, tout engagement politique est une victoire et une conquête sur la force, l’injustice, les inégalités, les discriminations, la barbarie, l’intolérance, la persécution et le terrorisme...
On voulait proposer quelque chose de plus , aller plus loin qu’un simple cours sur les droits et les libertés, sur la démocratie et la dictature. Le projet n’a jamais été une option, il a été dès le départ un investissement total. Un travail de longue haleine.
Ce n’est pas sans voir travaillé sur le sujet que l’on a suivi l’évolution du monde depuis 2013 et conservé les éléments phares du projet initial. On a su aussi lui donner plus de sens avec des choses différentes complétées tout au long du parcours (Strasbourg, Verdun, Vilnius, Omaha et Bayeux, Genève...et bientôt Bruxelles).
Pour point de départ, les nouvelles formes de démocratie qui se cherchent aux quatre coins du monde depuis 2011 autour d’un produit commun : la contestation publique qui envahit les places.
Au fur et à mesure des séquences, l’étude a permis de développer la réflexion et l’esprit critique sur le droit de manifester, de contester, de s’opposer, de résister, de dire non. Un itinéraire d’actualité aimanté de drames et de joies, criblé de violences et de tragédies mais aussi palpitant de vies et de voix. La mobilisation du peuple est une forme légitime de la démocratie. La rue est un mode d’expression parmi d’autres. C’est une manière de représenter le désaccord et en cela, elle est essentielle à la démocratie. La rue peut constituer un autre moyen d’éviter la violence qui menace. Mais la rue en démocratie n’est pas la haine, la guerre….
Le projet Places libres a permis aux jeunes collégiens de mettre en avant leur opinion critique, leur réflexion, leur raisonnement, avec la sincérité, la force et la conviction des mots.
Ils ont aussi mis en place une petite tribune pour défendre les droits, les libertés et les causes qui leur tenaient à cœur (injustices, discriminations, conflits, révolutions, tyrannies et oppressions, inégalités face à la mondialisation et situations qui portent atteinte à la liberté et à la dignité dans le monde, autolimitation dans les démocraties).

Une entreprise séduisante et difficile car elle portait sur des images diverses et des textes de circonstances liés aux affirmations implicites et explicites des libertés et des droits, qui se trouvent souvent menacés et doivent être défendus. Nous avons confronté les thèmes abordés dans les chansons du groupe aux articles des textes fondamentaux des Droits de l’homme et la Convention européenne pour mettre en évidence, à la lumière de l’actualité, les droits et les libertés qui sont défendus ou bien les dénégations qui y sont dénoncées.
Aborder ce thème par la musique était une manière de montrer aux élèves que la citoyenneté est l’affaire de tous, y compris des artistes, et de travailler sur la notion d’engagement et de responsabilité.
La liberté artistique est en effet le terrain privilégié de la confrontation entre les libertés et les exigences sociales : ce qui a donné plusieurs possibilités de mise en œuvre avec une vraie réflexion sur les démarches et l’étude des fondements de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde. Les chansons du groupe Eiffel ont permis de mettre toute l’étude en perspective. Elles ont guidé l’élaboration du projet. D’autres ont complété l’étude depuis 2017. La musique a aussi permis de dire des choses. Les histoires et les chansons ont fait des poèmes.

Les 4 premiers textes du recueil Agora se sont écrits quasiment tout seuls, très vite.
Une sorte d’écriture automatique qui a rapidement trouvé sa forme, un courant continu...
Les textes se sont générés mutuellement jusqu’à former un tout.
Avec des approches différentes qui reflètent la vision du monde de chaque élève, l’idée qu’ils ont aussi de la liberté qui leur permet de voir et de comprendre.
De dire, de dénoncer.
Avec des associations d’idées graphiques, sonores….
Tout s’est imbriqué plus facilement avec la musique ; on a créé des relations, on a intégré les textes dans le clip qu’on préparait. Une alchimie s’est faite et chaque idée en appelait une autre...Une agrégation successive qui a donné une forme mouvante, dynamique et originale aux évènements.
Un processus d’auto-engendrement.
Avec des directions parfois inattendues et pas forcément "programmées".

Pour le reste on a fait beaucoup d’allers-retours, toujours entre la réflexion et l’improvisation. Certains textes atteignent les 6 à 8 pages !
Des pages d’écriture, 19 textes en pagaille écrits dans le vacarme assourdissant du monde, des guerres, des manifestations, des colères….
Nous n’avons pas toujours composé des choses simples. On a conservé le côté intuitif. On n’a pas non plus sur-préparé en permanence, on a fait en fonction de l’actualité, de nos idées, de la démarche mise en place… et du temps que l’on avait…
Avec des symboles puissants (Tienanmen-mur de Berlin-révolutions arabes…)
Une expérience créative intéressante avec des trucs géniaux qui ont pris soudainement de l’ampleur (Face to Face démocratie-dictature, chansons engagées et montage du kit-clip de projet, présentation et remise du projet au salon français du Palais des Nations Unies de Genève le 19 mars 2019 en présence de l’ambassadeur de France et de la conseillère des droits de l’homme, séquence d’activités sur le droit international et la guerre au CICR de Genève, journée des droits de l’homme pour commémorer les 70 ans de la DUDH et rencontre avec Ioulia Klekot, Marion Leroy Dagen et Annie-Flore Batchiellilys le 7 décembre 2018 au collège de Castillonnès, remise du prix UNESCO le 24 janvier 2019 et du prix de l’éducation citoyenne le 12 juin 2019), parfois non.

Le travail d’écriture a été très productif mais certains textes ne collaient pas, d’autres étaient trop similaires et on ne les a pas gardés. On a uniquement choisi ceux qui paraissaient les meilleurs et les plus originaux. Dans tous les cas, on les a tous conservés car il ne faut jamais gâcher une idée. Elle peut être réutilisée avec une autre.
La production (atlas en deux volumes-clip-recueil de textes-exposition-journée des droits de l’homme) a été suffisamment présente et mise en avant par de nombreux prix.
Le titre le plus ancien est « la guerre n’est pas la loi du monde ».
Le texte de 6 pages a été travaillé et répété pendant 6 ans avec les élèves au fur et à mesure de la progression du projet. Il y a un côté un peu sombre, désabusé mais porteur d’espoir et de valeurs qui vont bien avec la lecture du monde d’aujourd’hui. On collectionne les idées et les morceaux continuellement au fil des années, et, en fonction de l’actualité on y revient et on adapte. On complète. Un tableau du monde en constance mouvance. Avec un esprit singulier ce qui rend l’ensemble inévitablement plus cohérent et vivant. Un texte lu par les élèves au centre de la paix de Verdun, à la mairie de Bayeux et à Omaha, à l’ONU de Genève et lors des commémorations du 8 mai 1945.

Au bout du compte, nous nous sommes rendus compte qu’on avait une quinzaine de textes importants pour que nous les conservions tous.
Beaucoup d’informations à digérer d’un coup (47 places de la démocratie étudiées) ! Cela nous a permis d’avoir au départ un ensemble assez éclectique. Des moments, des contextes, des lieux inspirés de leur propre vie, de leur propre histoire.
Des places, des histoires, des histoires de places...
Des voix pour des droits….
A chaque fois que nous avons écrit un texte, on avait l’impression de faire un tableau. Il y a des musiques qui restent en tête et des œuvres qui "se réclament" (Scorpions « Wind of change » - Romain Humeau "Paris" mais aussi Aragon, Ferrat, Brassens, Lavilliers, No one is innocent-Charlie, Lennon, U2....…le projet a listé 154 titres pour accompagner les textes écrits sur les places ! ) Il a fallu tout déchiffrer, tout écouter, découvrir et faire des choix. Une flopée d’artistes dévoilés dans le projet !
La variété des musiques n’est pas qu’un pur accompagnement.
Chacune d’elle modèle différemment l’univers du projet sur les thèmes des libertés et des droits de l’homme. La musique a été un guide.
Elle a aussi permis de traduire visuellement (clip).
C’est cette approche que nous avons choisie.
Elle a permis de transmettre des points de vue plus complexes avec un regard lucide et critique sur certaines dérives de notre monde.
Une bande-son a même été créée par les élèves (Orange is the new-place Maïdan).
L’écriture s’est inspirée de tout. Une autre vision de l’histoire qui s’est articulée sur des images, des articles de presse, des témoignages....
Par delà tout ce que nous avons écrit, nos textes disent et sont libres, plein de messages. Des principes d’esprit et de tolérance, des idéaux égalitaires.
A travers toutes les étapes du projet, on retrouve différentes formes d’engagement à travers les manifestations, les contestations ou encore la création artistique.
Ces engagements défendent les libertés fondamentales, les droits, l’égalité, la justice et la solidarité à travers la démocratie participative.
Des droits dont la Déclaration universelle a rédigé le programme en 1948 et qui sont universels...

"Tant qu’il y a des luttes à mener il y a de l’espoir- c’est l’engagement qui permet de prendre conscience du monde qui nous entoure" -Martin Luther King

Par extension, le projet parle aussi de la place et de l’évolution de la démocratie et de l’être humain dans le monde moderne.

Tape dans le rouge-OUTSIDE....regarde et interroge le monde.

Un premier volet de l’atlas "Places libres", un recueil de textes « Agora »…..et nos convictions avec pour ambition de les faire grandir.
Nous avons choisi de les conserver et de les faire entrer directement dans la deuxième partie de l’étude : un deuxième volet de l’atlas "So Rights" plus axé sur les droits humains et la justice internationale. Les élèves ont accroché tout de suite et bien préparé la semaine de projet à Genève (palais Wilson et CICR). Certains textes ont aussi été le point de départ de morceaux composés et joués par les élèves. Une belle manière d’interagir avec la musique…On a voulu garder dans le 3ème volume du projet, la chanson de Romain Humeau comme fil rouge du projet.
Pour être honnête, le projet n’aurait pas existé sous cette forme sans cette chanson. Le plus beau vortex créatif ! Sa mémoire organique. Elle englobe tout son mode de fabrication. A tout moment la rue est devenue le narrateur du projet !
Le soutien du chanteur nous a aussi tous motivés.

D’autres élèves découvrent le projet et prennent la suite cette année avec OUTSIDE !

Ce qui définit un défenseur des droits de l’homme, c’est en premier lieu son engagement et son action en faveur des droits et des libertés humains. Ce sont des avocats qui acceptent de défendre des opposants politiques et critiquent les procès injustes, des journalistes qui se battent contre la censure et pour la liberté de la presse font ainsi entrer la défense des droits de l’homme dans le cadre de leur métier, des professionnels et des militants d’associations qui informent les populations de leurs droits, enquêtent et dénoncent les violations des droits humains et luttent pour y mettre fin. Mais ce sont aussi aussi le rapporteur spécial des Nations-Unies, des hommes politiques, des artistes et des citoyens engagés.
Dans le monde, les défenseurs des droits de l’homme ont progressivement gagné du terrain, accompagnant la mue politique de certains systèmes. Il reste cependant difficile d’établir une cartographie précise de celles et ceux qui tentent, par leur engagement, de résister pour que l’Etat de droit soit une réalité et pour donner corps et sens à la société civile. Une distinction doit en outre être faite entre la majorité des défenseurs qui sont réellement indépendants et ceux qui sont inféodés au pouvoir en place. La notion de contrôle et de coercition n’est jamais loin quand on parle des activités des défenseurs des droits de l’homme. La réelle mainmise des autorités témoigne en creux du pouvoir et de l’influence qui leur sont conférés. C’est en effet parce qu’ils disent et établissent des faits qui dérangent que le pouvoir s’acharne à les empêcher de lui nuire.
Les défenseurs des droits de l’homme ont de fait un rôle fondamental pour la défense des libertés publiques, notamment lorsqu’ils interpellent les autorités ou s’opposent aux régimes autoritaires. En 2018, nous avons célébré le 20e anniversaire de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies en 1998. Cette déclaration historique reconnaît le rôle et la responsabilité de chacun dans la poursuite des objectifs des Nations unies, et appelle la communauté internationale, y compris les Etats, à respecter les droits de tous ceux qui défendent et protègent les droits humains.
En 2018, les défenseurs des droits de l’homme ont été nominés pour le prix Nobel de la paix.
Depuis 1998, 3200 défenseurs de la paix dans le mode ont trouvé la mort : d’autres sont encore emprisonnés ou torturés pour exprimer leurs idées ou leurs opinions pacifiquement ou parce qu’ils combattent pour la liberté.....!
A l’heure où la nécessaire contribution de chacun face au changement climatique est rappelée à chaque instant, où des démocraties européennes prônent le repli sur soi, où certains Etats cherchent à revenir sur le concept même de droits humains, l’action des défenseurs n’a jamais été aussi impérieuse.

La paix et les libertés sont l’affaire de chacun.

Quand les sujets sont délicats, il est également important de se mobiliser.
L’objectif de l’EMC est d’associer dans un même mouvement la formation du futur citoyen et la formation de sa raison critique. Ainsi l’élève acquiert-il une conscience morale lui permettant de comprendre, de respecter et de partager des valeurs humanistes de solidarité, de respect et de responsabilité (connaissance de la démocratie et de ses principes).
Des valeurs universelles dans le cadre d’une nouvelle citoyenneté pour la défense des droits et des libertés.
Le volet « civique » renvoie à l’exercice de la citoyenneté, dans le cadre de la République définie par la Constitution, les libertés et droits fondamentaux et les institutions, par les citoyens et les futurs citoyens, que nous étudions en histoire-géo et en EMC.
Le sujet d’étude permet de se poser des questions sur les libertés et les droits en pratique dans nos démocraties et ailleurs (manifestations démocratiques, revendications libertaires, droit de s’opposer, droit de manifester, droit de résister...). Où va la démocratie ?

Les places derrière les symboles

Les symboles sont parfois forts : sur la place de la République à Paris douze plaques de bronze au pied de la statue racontent l’histoire de la République depuis 1789 ; Marianne est coiffée du bonnet phrygien, symbole de liberté. Elle tient un rameau d’olivier, symbole de paix. Sa main gauche tient une tablette portant l’inscription "droits de l’homme".
La statue repose sur un socle dont la base est formée par un lion. Celui-ci a sa patte devant l’urne du suffrage universel, ce qui signifie que la République tient toute sa légitimité du peuple parce qu’il peut voter ou bien se transformer en…..lion.....!!

La fable du droit et de la morale.
Dire, témoigner, s’indigner, contester, dénoncer, manifester, se révolter….pour défendre les droits et les libertés.
Les places comme échos des révoltes, des espoirs, des contestations et des contradictions, des colères et des chicanes.

A tout moment la rue peut aussi dire NON ! En toute liberté ?

BP

Les étapes de la conduite du projet OUTSIDE

*structuration et pilotage

Octobre-novembre

Intérêt du projet, objectifs-cible, planning, budget initial (voyage à Bruxelles)-organisation du dispositif de projet avec partenaires et acteurs (Amnesty International, Reporters sans frontières, Conseil des droits de l’homme, Conseil européen). Recherche de fonds-demandes de subvention-organisation soirée (FSE)-mailings.

Novembre

Validation du voyage de projet à Bruxelles + budget final.
Choix des sujets d’étude sur les défenseurs des droits de l’homme et des prix Nobel de la paix.
Affichage de la liste des exposés sur les défenseurs des droits de l’homme et les prix Nobel de la paix sur les panneaux de la salle 3 (45 exposés-85 choix d’études possibles).
Mise en place des parcours d’activités associés à la réalisation du projet (séquences spécifiques le mardi soir-recherche et travaux au CDI).
Mise en place d’une méthode-organisation du travail en équipe pour piloter le projet sur toute sa durée.
Présentation du planning de projet avec indicateurs de délais.
Ressources du projet.
Sélection des articles d’actualité et des textes fondamentaux en lien avec le programme (EMC-histoire-géographie)
Points d’avancement périodiques

Thématiques sur la chute du mur de Berlin et la Convention internationale des droits de l’enfant (30ème anniversaire).

Décembre

Rencontre de projet avec l’ONG internationale Amnesty International.
Journée mondiale des droits de l’homme (9 ou 10 décembre).
Conduite de projet à Bruxelles sur les défenseurs des droits de l’homme et exposition

Janvier-février

Conception et réalisation des travaux personnels et de groupe.
*examen des activités
*rapport intermédiaire des plaidoiries (en lien avec les articles de la DUDH)
*actions correctives
Rédaction et illustration des thèmes.
Choix d’accompagnements musicaux.
Réalisation du kit-clip de projet-conception-réalisation d’un support-vidéo.

Réunion d’information avec les familles au collège-projet et voyage à Bruxelles du 13 au 18 avril 2020.

Mars-avril

Présentation et évaluation des plaidoiries (compétences du socle commun-EMC-comprendre l’actualité-analyser les points de vue-interpréter les différents éclairages-apprendre en puisant dans les différentes sources d’information-débattre des grandes questions qui agitent le monde-utiliser les déclarations des droits de l’homme)
Mise à jour et réalisation des planches de l’atlas de projet "OUTSIDE".
Vision commune du projet et comptes rendus.
Outils de communication-diffusion du projet
Atlas en 3 volumes (Places libres-So Rights et Outside)
Concours CNCDH, Kangae et Mémorial de la paix de Caen

Impression et présentation de l’atlas pour le Conseil européen de Bruxelles

Avril

Voyage de projet à Bruxelles (Conseil européen, maison de l’histoire européenne, Conseil des droits de l’homme, Ambassade de France et Amnesty International)

Mai

Présentation du projet Outside au Consulat de Belgique de Bordeaux

Consultation du projet sur le site du collège-onglet histoire-géographie

Synthèse des parties 1 et 2 de projet "Places libres"-"So Rights" (11 pages)
www.college-castillonnes.fr/spip.php?article1307
L’atlas est précisé et complété par des fiches d’exploitation pédagogique avec des articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme commentés à la lumière de l’actualité.

Places libres-104 pages

Avenues et places ont une fonction représentative du pouvoir politique et sont le lieu des cérémonies officielles : mais à l’occasion, la population s’approprie les mêmes lieux lorsqu’elle veut manifester sa liesse....ou contester ce même pouvoir.
Dans les deux cas, la place constitue le lieu privilégié de ces démonstrations car elles y regroupent les foules les plus nombreuses ("foule monstre" d’Eiffel) et y trouvent le plus d’écho... des places, des évènements, des monuments….
Parfois ces manifestations revêtent une ampleur exceptionnelle en mobilisant des centaines de milliers de personnes.
Les fiches pédagogiques produites dans le cadre de la 1ère partie de projet " places libres" permettent la conceptualisation et la mise en place d’activités autour des thèmes des droits et des libertés (le concept est ici placé dans un espace de signification).
Le travail collectif marque un début d’engagement à défendre à partir des textes et des chansons écrits et étudiés ainsi que des axes forts du programme d’histoire et d’EMC.
Les études thématiques s’appuient sur des faits d’actualité et l’histoire des révolutions et des mouvements sociaux des XXème et XXIème siècles, mais ce sont bien les problématiques qu’ils mettent en jeu, et non la simple énumération des droits et des libertés qui constituent l’objet d’étude.
Elles font référence à l’actualité ou à des situations particulières qui présentent une cohésion forte autour des valeurs et des principes démocratiques (et en lien avec les documents de référence du programme).
Elles prennent sens autour des chansons du groupe Eiffel et proposent d’autres entrées : il n’a cependant pas été question d’étudier leurs textes dans leur intégralité, mais d’en choisir des extraits en fonction de chaque sujet traité en privilégiant une approche avec des cas concrets.

Le message de Romain Humeau

Romain Humeau a envoyé un message de félicitations aux élèves de 3ème qui ont travaillé sur le projet "Places libres" et qui ont préparé la journée mondiale des droits de l’homme dans le cadre du 70ème anniversaire de la Déclaration universelle.
Reçu le 2 décembre 2018

Content de voir l’avancement de ces travaux Herculéens !
Je suis dans une période on ne peut plus chargée jusqu’à mi Janvier.
Je laisse un petit mot aux élèves.
Il est court mais sincère.
Bonjour à tous
Ici Romain Humeau.
Pour simplement vous dire que je reste soufflé face aux travaux accomplis par vous tous.
Je suis sûr que vous vous rendez compte à quel point la chance est inouïe que de travailler sur un tel projet.
Il s’agit d’une main tendue vers les autres , le monde, pour plus de choix, de liberté, de conscience, de construction de soi...
Les droits de l’homme sont aussi le code de la liberté quand l’ordre moral et social menace.
Et mon petit doigt de me dire que vous vous souviendrez toute votre vie de cette aventure...
À propos de "votre vie" : vous êtes le monde de demain. Ce même monde est pour l’heure instable et difficile à comprendre...
Help ! Changez nous tout ça s’il vous plaît !
Créez le monde auquel vous croyez ! !
Vous êtes un trésor. C’est vous qui tenez la boussole, à partir du moment
où l’on vous donne le choix, la connaissance et la liberté. Il s’agit justement de "votre vie".
Votre coeur bat pour bien plus que ça. Aimez votre avenir, et prenez le temps pour l’aimer correctement, sans que l’on vous force.
Et si l’image du bonheur qui vous est donnée par les médias se résume à "posséder/ être riche", peut-être aurez-vous envie......de vous poser la question : "Riche ? Ok, mais riche de quoi dans ce monde tout gris ?"

Peut-être qu’à cet instant précis la petite lumière s’allumera comme je sens qu’elle s’allume déjà à l’instant chez vous, et que vous vous direz... redirez : S’il faut être riche dans la vie, n’est-ce pas uniquement riche de l’autre ?
À partir de là, il me semble que tout commence. La vraie vie. La vôtre.

Si un jour vous comprenez ce en quoi vous croyez, alors vous obtiendrez peut-être toutes les réponses à vos questions…..
Je ne crois pas que ce projet soit une coïncidence. Il est la somme de tout ça avec un esprit tout à fait singulier.

Encore un grand BRAVO à tous !

Sachez aussi que je suis flatté, mais néanmoins tout rouge de gêne à l’idée que vous ayez jeté l’oeil et l’oreille sur quelques unes de mes chansons pour étoffer vos travaux.
Quand le réel se réinvente, et soudainement s’ajuste aux utopies il peut révolutionner l’imaginaire…..et la rue peut devenir poétique.

A tout moment la rue peut aussi dire NON !
Tout simplement.
Le message est universel.

Merci, merci !
Bien du courage pour la suite et peut-être aurai-je chance et joie de vous rencontrer bientôt...
Je vous embrasse tous.
Rom


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