Un Eurobaromètre de la paix
par

"Nous sommes tous responsables de ce qui nous arrivera demain. Il faut réfléchir à ce que nous voulons pour préserver la paix et l’amitié entre les peuples : l’Europe est le grand dessein du XXIème siècle".
Simone Veil
En ce 20 février, nous commémorons la Révolution de la Dignité en Ukraine de 2013-2014 et l’aboutissement du Maïdan, le début de la bataille de Verdun et la mort de René Cassin.
Des passeurs de questions et d’idées
De 2023 à 2025, dans le cadre du projet européen , les collégiens de Castillonnès de 3ème, les lycéens slovaques de Nitra et les lycéens lituaniens de Vilnius ont réalisé une enquête parallèle en ligne sur Google Forms pour mener un débat à partir de 46 questions d’actualité sur la paix, la guerre, la défense et la sécurité de l’Europe et répondre aux problématiques qu’ils peuvent susciter (en lien avec le programme, les textes étudiés dans l’année et le sujet défini pour débattre de l’actualité en lien avec leur champ de travail principal sur la construction et l’affirmation du projet européen).
46 questions comme les 46 Etats du Conseil de l’Europe en 2026.
L’Europe, c’est la paix ?
L’Europe fait-elle la paix ?
La paix fait-elle l’Europe ?
L’Europe peut-elle sauver la paix en Ukraine ?
L’Ukraine peut-elle porter l’ambition et le projet européen ?
L’OTAN doit-elle être plus européenne ?
Des parcours associés
Le travail collectif a été réalisé à partir d’interfaces d’analyse et de parcours associés à Castillonnès, à Nitra et à Vilnius sous forme de revue de presse et de fil d’actualité.
Ils ont permis de définir les axes thématiques de la culture de la paix, de la démocratie, des libertés et des droits de l’homme, et d’engager le débat autour des questions, des éléments d’analyse et des pistes de réflexion que soulèvent la guerre, la défense et la sécurité collective en Europe en faisant écho aux choix des élèves et à l’actualité.
Ils nous ont permis de réfléchir ensemble et de trouver des points d’ancrage pour développer une démarche critique.
La paix, un idéal
La paix a toujours été posée comme un idéal en Europe.
Elle est définie dans les traités constitutionnels et la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne proclamée en décembre 2000.
Elle l’est aussi dans les opinions européennes qui les soutiennent.
L’UE veut promouvoir la paix et protéger les citoyens européens.
Elle doit assurer le maintien de la paix entre ses Etats membres.
L’Union est fondée sur des valeurs de respect de la dignité humaine.
Elle prône des valeurs de liberté, de démocratie, d’égalité, de justice et de solidarité.
En théorie, les démocraties ne s’affrontent pas entre elles et elles doivent combattre toutes les guerres.
Les intérêts en jeu ont parfois une toute autre réalité.
La paix reste donc fragile, précaire, dans ses principes comme dans sa mise en oeuvre mais la démocratie est toujours plus forte que la barbarie quand elle lui déclare la guerre.
Elle doit aussi se défendre face à ses ennemis et garder sa force sans renoncer à ce qui la constitue.
Elle est toujours sur un chemin de crête.
Aux portes de l’Union, depuis février 2022 la guerre menace.
La guerre est malheureusement toujours en cours en Ukraine, des soldats, des femmes, des enfants, des personnes âgées meurent tous les jours et l’attention des médias et le soutien diminuent.
Aujourd’hui tout semble plus compliqué.
L’Europe ne s’arrête pas aux frontières et aux Etats de l’Union.
46 Etats sont européens.
La démocratie, la paix, la fraternité : elles peuvent rassembler les citoyens à la défense de valeurs pour l’ensemble de l’Europe. Elles sont aussi une manière de vivre et une façon d’entrer en relation les uns avec les autres.
Les citoyens vivent cette guerre comme un moment européen.
Juges de guerre et de paix
Sur ces problématiques, l’enquête des élèves permet d’aller plus en profondeur face aux difficultés et aux inquiétudes du présent.
Elle interroge nos convictions, les responsabilités fondamentales de nos démocraties et nos pratiques de l’information.
Les collégiens et les lycéens ont pitché leur sujet et ont posé des questions simples qui font écho à l’actualité :
Que se passe t-il vraiment en Ukraine ?
En quoi cette guerre peut-elle influencer notre perception de l’Europe et renforcer notre sentiment européen ?
Des regroupements ont été effectués pour faciliter l’interprétation des données partagées et en favoriser la clarté.
Les élèves ont également recherché et retenu les coupures et les images de presse qui permettent d’expliquer les résultats à partir des informations principales données par le sondage.
Un Eurobaromètre de la paix
Le sondage d’opinion sur la paix et la démocratie européennes est bien plus qu’un simple instantané des jeunes d’aujourd’hui.
Il indique leurs inquiétudes et leurs attentes pour les années à venir.
Cet Eurobaromètre a été réalisé dans le cadre du projet SKoop en 2023.
Il a été effectué dans les groupes de projet des classes de 3ème au collège de Castillonnès et de 1ère au lycée de Nitra (Slovaquie) entre le 8 janvier et le 30 mars 2023.
Il a été repris cette année avec les lycéens de Vilnius en octobre-novembre 2025.
Quelque 80 élèves et 13 partenaires ont répondu aux 46 questions des deux professeurs chargés de l’enquête. Le sondage permet en cela de saisir les opinions marquantes de la jeunesse européenne.
Informer et dénoncer
Les résultats de l’enquête s’intéressent à 6 thèmes principaux : la paix, la sécurité, la démocratie, les droits de l’homme, le droit international et la guerre en Ukraine
Dans le cadre du projet, les élèves ont été bien informés sur tous ces sujets sur la table consacrée à l’actualité.
Ils ont toujours travaillé avec leurs professeurs sur des contenus et des sources ouvertes clairement identifiés.
Ils ont ainsi pu récolter et dégager l’information sur les thèmes abordés et les évènements liés et réagir autour des notions de "paix", de "guerre", de "démocratie" et de "liberté d’expression" et travailler sur les différents éléments d’analyse parmi une sélection d’articles, d’images et de dessins de presse qui les illustraient (dans leur recherche d’informations, ils ont aussi collecté des dessins de presse de soutien à l’Ukraine mis en ligne sur des sites spécialisés).
Les élèves ont créé et présenté leur article à partir d’un modèle et délivré leur message de paix en réponse aux questions essentielles pour amener à débattre sur le thème avec des points de vue informés.
Avec leurs professeurs, ils ont réalisé un argumentaire à partir des informations qu’ils ont choisies et produit des réflexions pertinentes.
Elles ont été notre fil rouge.
L’Europe : un système et un idéal
Les premiers résultats de l’enquête
La lutte contre la guerre
L’Europe représente leur réalité et leurs avis, avant tout la liberté (90%), la paix et la sécurité (82%) mais aussi la possibilité de voyager et d’étudier (83%).
Elle reste la structure la plus importante pour favoriser la paix et la démocratie et une communauté fondée sur des valeurs universelles de dignité et de liberté (92%).
90 % des élèves pensent aussi que la lutte contre la guerre en Ukraine (et en Europe) doit être une priorité collective pour les pays de l’Union européenne afin de préserver les libertés et la souveraineté et de garantir le bon fonctionnement de nos démocraties (la Slovaquie n’est entrée dans l’Union européenne qu’en 2004).
L’absence de paix pourrait modifier l’Europe selon eux (100%).
Les élèves aimeraient voir la lutte contre la guerre et la mise en place d’une politique de défense commune (68%) constituer un objectif majeur de l’Union.
Une grande majorité d’entre eux ne connaissent pas les organisations européennes de sécurité et de défense et sont inquiets du risque de guerre (61.5%).
Sur ce point, les lycéens slovaques et lituaniens sont mieux informés (EMUE et PESC-38,5%-ils sont capables de citer 5 organisations) que les collégiens de Castillonnès (2-PESC et Eurocorps).
38.5 % des élèves pensent aussi que, dans cette guerre qui se déroule sur ses frontières, l’UE doit maintenir ses relations avec l’OTAN et les Etats-Unis principalement pour sa sécurité interne (les opérations de sécurité et de défense européennes restent matériellement liées à l’Otan pour des raisons logistiques).
Ils pensent que le fait que la France et la Slovaquie fassent partie de l’OTAN est une bonne chose (76.9%).
69.2% confirment que l’UE a déjà beaucoup fait pour le conflit en Ukraine (diplomatie, initiatives européennes, aide matérielle, humanitaire et accueil des 5 millions de réfugiés).
89% pensent aussi que cette guerre coûte cher (689 millions d’euros pour la France en 2022) et qu’elle est une menace sérieuse pour la paix en Europe.
La paix, les armes
Les élèves français, slovaques et lituaniens sont donc plutôt inquiets de l’évolution du conflit et pensent qu’il ne faut pas laisser tomber l’Ukraine car les violations des droits de l’homme dans ce pays sont aussi un facteur de déstabilisation immense (18 textes ont été écrit à ce sujet et font partie du recueil One note for-SKoop 2023 dont "Restez libres", "La paix, les armes", "Maïdan, tu lui ressembles", "Sinon la paix" et "la guerre n’est pas la loi du monde").
Leurs textes, leurs messages sont aussi adressés aux élèves et aux professeurs ukrainiens (365 cloches de la paix ont été réalisées à Castillonnès et à Nitra pour témoigner de leur soutien).
La Slovaquie a une frontière commune avec l’Ukraine.
Elle est donc plus directement concernée car la guerre est à sa porte.
Les élèves pensent que l’Europe doit renforcer sa capacité opérationnelle et s’appuyer sur des moyens civils et militaires supplémentaires en augmentant les budgets de sa défense.
46.2% des élèves disent qu’elle est capable de s’organiser pour protéger sa sécurité, la paix et la démocratie.
68% estiment cependant qu’il faut renforcer le rôle de l’Union européenne dans le maintien de la paix, la prévention des conflits et le renforcement de la sécurité internationale.
30.8% parlent d’une défense de l’Europe.
58.3% des élèves souhaiteraient que l’UE se dote d’une armée commune à tous les Etats membres en complément de celles qui existent déjà dans chaque pays. Le recours à la garantie de sécurité commune en Europe est pour eux très important car il est toujours bon de pouvoir compter sur ses voisins !
95% des élèves pensent que la guerre russo-ukrainienne ne détruira pas l’unité européenne et qu’elle renforcera notre désir de paix.
90% pensent que la paix est toujours fragile en Europe et qu’il faut se battre pour les libertés.
La plupart des élèves disent que les menaces contre la paix viennent principalement de la Russie (53.8%) et des Balkans mais aussi de l’affaiblissement de nos démocraties et du terrorisme (46.2%).
Les craintes concernent essentiellement l’Ukraine, la Serbie, la Bosnie, l’Arménie, le Monténégro et les Balkans.
De ces pays, les élèves parlent de "l’autre côté de l’Europe".
"L’Europe doit respirer avec ses deux poumons : celui de l’ouest et celui de l’est" -Jean Paul II
Pour les élèves, les deux traités qui garantissent le plus la paix en Europe sont le traité de Maastricht (15.4%) et celui de Lisbonne (15.4%).
L’organisation du traité de l’Atlantique Nord (23.1%) est plus fortement cité.
Les traités européens se réfèrent systématiquement à l’OTAN .
Selon eux, la politique étrangère européenne est suffisamment forte et cohérente pour faire face à un conflit. Ils pensent qu’il existe une « paix européenne » mais qu’elle est plutôt un compromis entre les Etats (59%).
Elle n’est pas une garantie à toute épreuve et doit rester un objectif prioritaire pour les 47 pays européens.
38.5% des élèves estiment que l’appartenance à l’UE renforce la paix et que la construction européenne reste intrinsèquement liée à un idéal pacifiste (23.1%).
On peut donc parler d’une Europe de la défense mais le concept reste flou (pour 95% des élèves).
Selon eux, la paix en Europe est plutôt rattachée à l’unité, à la coopération, à la politique et à l’économie plus qu’au domaine militaire.
Ils font relativement confiance aux représentants de leur pays et de l’Europe : Emmanuel Macron, Zuzana Caputova (23.1% chacun), même s’ils estiment que la démocratie fonctionne mal dans leurs pays (53.5% pour les collégiens français face à la crise économique, sociale et politique actuelle et 38.5% pour les lycéens slovaques).
Dans les institutions qui ordonnent et animent l’Europe démocratique, ils accordent plus leur confiance à l’Union européenne (69.2%) , au système judiciaire et aux associations (38.5% chacun) , aux partis politiques , aux grandes entreprises et au Parlement (15.4% chacun).
Ils pensent que l’élargissement européen favorise la paix et la démocratie (83%).
Ils considèrent que le régime démocratique est le meilleur régime politique (23.1%) et qu’il est le meilleur garant de l’Etat de droit, de la paix et des libertés (53.8%).
Seulement 15.4% des élèves pensent que d’autres systèmes peuvent aussi bons que la démocratie.
L’Europe doit pour eux lutter contre la guerre (66%), maintenir et renforcer la démocratie (34%), mais aussi se doter d’institutions efficaces pour y parvenir (67%) et mieux affirmer sa place dans le monde (33%).
La citoyenneté, la conscience civique, la solidarité, la tolérance, la non-discrimination, la démocratie, la paix, la justice, l’amitié, l’unité de civilisation, l’identité, l’égalité entre les hommes et les femmes, le respect des droits de l’homme et des minorités, toutes ces notions et ces valeurs définissent et renforcent l’unité européenne.
Pour 38.5% des élèves, l’Europe renforce la démocratie dans leur pays.
83.5% des élèves disent ne pas bien connaître les modalités des traités européens concernant la paix et la sécurité : beaucoup les ont découvert en les étudiant dans le cadre du projet ou de leurs programmes d’histoire-géographie mais l’Europe n’est pas enseignée en Lituanie et en Slovaquie.
Ils s’inquiètent aussi de l’augmentation de la violence dans nos sociétés qui menacent l’intégrité de nos Etats, le fonctionnement de nos institutions et les règles fondamentales de la démocratie et de la justice mais aussi des crimes contre l’humanité (des actes inhumains de la guerre en Ukraine qui correspondent à une dérive militaire et visent la mort et la persécution des populations civiles).
Ils considèrent que nos démocraties fonctionnent bien (46.2%) mais ont un jugement plutôt négatif des institutions face aux crises actuelles (économique-sanitaire-migratoire et identitaire) car ils pensent que les gouvernants européens privilégient d’abord leurs intérêts (65.5%).
A 95% ils pensent aussi que l’ONU n’a plus de poids pour régler les conflits internationaux.
Ils sont cependant convaincus que la politique doit user de toutes ses forces pour éviter la guerre.
Ils maintiennent cependant leur confiance dans la démocratie mais n’ont jamais encore voté.
Ils disent aussi qu’il y a un décalage entre leurs idéaux et....les principes de réalité !
69% pensent que l’UE est une opportunité pour la paix, la démocratie et le développement.
Pour eux, le régime démocratique n’est pas remplaçable : ils pensent que la politique est au fondement de nos cultures démocratiques et 78% acquiescent à ce modèle mais la demande d’autorité est manifeste (33.8% des élèves souhaitent des représentants plus « forts » et que les régimes démocratiques soient plus performants-ces chiffres sont révélateurs du climat sociétal et de leurs craintes à l’égard de l’avenir, de la paix et dans une moindre mesure de la perte de certaines valeurs, notamment la conscience civique-60 % des élèves disent ne pas s’intéresser à la politique mais ils attachent majoritairement de l’importance aux valeurs démocratiques et suivent régulièrement les informations).
Pour les collégiens de Castillonnès, les lycéens de Nitra et les lycéens de Vilnius, le projet européen est aussi le moyen de produire une citoyenneté plus engagée et plus active car il permet de prêter attention aux sujets qui les préoccupent dans les débats et les travaux qu’il produit.
A l’heure du conflit ukrainien, la plupart des élèves ne savaient pas que l’Union européenne avait reçu le prix Nobel de la paix en 2012 et que les institutions européennes étaient le lieu du règlement pacifique des différends entre pays européens.
Aucun d’entre eux ne savait non plus que la paix en Irlande du Nord devait à l’appartenance à l’Union.
89% disent suivre régulièrement l’information mais peu encore (22%) avouent vraiment s’intéresser à ce qui se passe ailleurs en Europe (perception de l’UE et de ses apports).
Les élèves consultent un peu plus les informations européennes depuis la mise en place du projet (75% mais disent être mal informés sur les sujets qui les intéressent : changement climatique, musique, culture, justice et voyages) .
Ils ont l’impression d’entendre uniquement parler d’Europe quand il s’agit d’économie, de politique et de guerre en Ukraine.
82% ont plus confiance dans le gouvernement de leur pays plutôt que dans les institutions européennes.
66% des élèves pensent cependant qu’elles sont efficaces sur le plan géopolitique pour régler les conflits.
72% avouent connaître peu les institutions européennes en dehors du Parlement européen.
L’étude des institutions européennes est au programme de 3ème.
Paix, engagement et liberté au coeur du processus
« Rien n’est possible sans les hommes, rien n’est durable sans les institutions »-Jean Monnet
Interrogés sur les personnages qui ont le plus contribué ou contribuent à représenter l’Europe et ses valeurs, la paix et les libertés, les élèves ont principalement cité Simone Veil (aucun élève slovaque ne l’a citée alors que 88,9% des collégiens de Castillonnès l’ont choisie après avoir vu et étudié le film "Simone, le voyage du siècle" d’Olivier Dahan et utilisé quelques uns de ses textes en français et en EMC), Robert Schuman, Jean Monnet (52%) ainsi que les prix Nobel de la paix et les défenseurs des droits de l’homme (33%).
Le programme d’histoire-géographie de 3ème insiste plus particulièrement sur l’anniversaire des traités de Rome (1957) et sur les hommes politiques qui ont créé cette oeuvre de paix sans précédent.
L’âme européenne
Dans leurs listes personnelles et parmi un grand choix de personnalités on trouve aussi : Victor Hugo, Albert Camus, Voltaire, Angela Merkel, Roberta Metsola, François Mitterrand, Helmut Kohl, Konrad Adenauer, Jean Monnet, Aristide Briand et Alexis Léger, Vaclav Havel, Alexander Dubcek, Louise Weiss, Emily Wilding Davison, Ursula von der Leyen, Emmanuel Macron, Charles Michel, Lech Walesa, Mikhaïl Gorbatchev, Olaf Scholz, Otto Von Bismarck, le pape Jean-Paul II, Carmen Kass, Margot Wallström, Anne Frank, Imre Nagy, Paul-Henry Spaak, Christian Pineau, Maurice Faure, Antonio Segni, Joseph Luns, Jacques Santer, Johan Willem Beyen, Ludwig von Beethoven, Friedrich von Schiller, Herbert Von Karajan (Inno Europeo), Klas Arnoldson, Otto Dix, Otto Freundlich, Bertha Von Suttner, Elie Wiesel, Emmeline Pankhurst, David Maria Sassoli, Anatoly Marchenko, John Hume et David Trimble, Joseph Rotblat, René Cassin, Léonard de Vinci, Homère, Willy Brandt, Jacques Delors, Austen Chamberlain, Andrei Sakharov, Dmitri Mouratov, Andreï Kourkov, Zuzana Caputova, Ferdinand Buisson, Ludwig Quidde, Charlemagne, Giuseppe Mazzini, Pierre Joseph Proudhon, Claude Henri de Saint-Simon, Hérodote, Saint-Martin, Winston Churchill, Yulia Timotschenko, Andrzej Wajda, Stefan Olszowski, Giuseppe Garibaldi, Vassili Grossman, Léonard de Vinci, Georges Bidault, Emmanuel Kant, Galilée, Mozart, Picasso, Marie Sklodowska (Curie), Sviatlana Tsikhanouskaya, Zbigniew Brzezinski, Bronislaw Geremek, Pavol Rankov, Jindrich Polak, Marga Komplé, Ursula Hirschmann, Melina Mercouri, Walter Hallstein, Nilde Lotti, Anna Lindh, Nicole Fontaine, Françoise Giroud, Günter Grass et Sicco Mansholt, Viktor Kubal, Albert Marencin, Vladimir Petrik, Vitolina Kovac, Klemens von Metternich, Oleksandra Matviychuk, Christo, Andy Warhol, Carlo Curti Gialdino, les philosophes des Lumières, le roi de France Philippe IV le Bel (1314), le comte de Coudenhove-Kalergi, Erasme et les 118 artistes de l’East Side Gallery (Kani Alavi, Ines Bayer, Raïk Hönermann...).
Un choix éclectique de personnages et de figures attachées à l’Europe (connues ou moins connus) qui ont par leurs efforts et leur engagement défendu la paix, les libertés, la dignité humaine, l’égalité et les droits de l’homme et les valeurs du projet commun par leurs idées, leur esprit critique et leur liberté de penser.
La paix doit s’appuyer sur notre héritage culturel et notre identité européenne.
De beaux hommages ont aussi été rendus par les élèves pendant l’année à Simone Veil et à Vaclav Havel.
Dans leur présentation, les élèves ont glissé des informations au sujet de ceux ou de celles qu’ils ont choisis.
Tous ces personnages montrent tous une grande cohérence avec le thème.
En fonction de notre culture personnelle, de nos perceptions et de nos représentations, française et slovaque, ils laissent aussi notre point de vue s’exercer sur ce qu’ils donnent à voir et à penser de l’idée d’Europe.
La diplomatie féminine pour faire bouger les lignes
Les quatre ambassadrices du projet SKoop, Lou Delmon, Célia Durot (Castillonnès), Nela Kupcova et Vanda Fabryova (Nitra) ont aussi choisi de présenter la présidente slovaque Zuzana Caputova au concours national de l’AMOPA (pour donner un nom féminin à l’hémicycle des eurodéputés du Parlement européen de Strasbourg).
Elles ont développé leur étude en considérant cinq points essentiels : son rôle et ses réalisations pour la paix et la justice, son engagement pour la démocratie, son engagement pour la défense de la citoyenneté européenne, son engagement pour l’Europe au service de la cause ukrainienne ainsi que sa diplomatie féministe : la recherche universitaire "les women peace studies"-femmes, paix et sécurité qui explorent les implications genrées de la guerre et de la paix a aussi montré que la présence des femmes lors des pourparlers est une condition de paix durable.
En épousant cette approche, Zuzana Caputova met en oeuvre le concept à sa façon. L’éthique guide sa diplomatie et en tant qu’ancienne avocate c’est une "experte plaidoyer" mobilisée pour les droits et la santé des femmes dans son pays et en Europe. La Slovaquie a connu des avancées significatives sur ces points depuis son arrivée au pouvoir en 2022.
Leur projet a été retenu par les comités de sélection départementale et nationale.
Il a remporté le prix national et européen de l’AMOPA au Conseil de l’Europe de Strasbourg en 2023.
Le projet européen sur la paix en Europe et l’Ukraine a également remporté le 1er prix de l’AMOPA au Parlement européen de Strasbourg en 2024 et 2025.
Paneuropa : l’identité de la paix
En slovaque, mier
En ce qui concerne les œuvres et les monuments symboliques qui incarnent le plus l’identité et les idéaux de la paix européenne, les collégiens de Castillonnès ont collecté plus de 70 références.
Ils ont principalement cité :
.le Parlement européen et la statue de l’Europe à coeur de Ludmila Tchérina choisie pour symboliser l’UE
.le mur de Berlin
.le siège des Nations Unies de Genève, capitale de la paix européenne et des droits humains
Les collégiens de Castillonnès ont été invités en 2019 à l’ONU de Genève à présenter leur projet SO RIGHTS (atlas des droits humains) récompensé par le prix UNESCO à Paris à l’ambassadeur de France et à la déléguée des droits de l’homme de la représentation française dans le Salon français du palais des Nations Unies.
Les lycéens de Nitra ont plébiscité la statue de l’Europe de la Commission européenne Unity for Peace située dans le square Van Maerlant à Bruxelles.
Les autres lieux symboliques ou institutions de la paix et de la démocratie européens les plus cités par les 80 élèves sont :
.la promenade de la paix et la SDN (1920) à Genève
.la porte de Brandebourg à Berlin
.l’obélisque pour les droits humains à Bruxelles
.le mur de la paix de Clara Halter et Jean-Michel Wilmotte sur le Champ-de-Mars à Paris qui décline et calligraphie le mot "paix" en 49 langues
.la voie européenne de la paix
.le pont de la paix à Tbilissi
.la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg
.la fête de l’Europe
.le palais primatial de Bratislava (Slovaquie)
.Broken chair et la statue de Gandhi à l’ONU de Genève
.l’esplanade Solidarnosc devant le Parlement européen de Bruxelles
.la tour de l’Indépendance de Vilnius
.la place de l’Indépendance de Kyiv
.le Parlement européen des jeunes à Strasbourg
.la maison Jean Monnet à Bazoches-sur-Guyonne
.la promenade de la liberté Sakharov à Bruxelles (walk of freedom)
.le centre mondial de la paix à Verdun et le Mémorial de la paix à Caen
.les 300 Murals de Belfast (le mur de la paix de Falls-Skankill et les mémoriaux de Bombay street)
.la passerelle des 2 rives entre Strasbourg et Kehl
.les quartiers européens de Strasbourg, de Bruxelles et de Luxembourg
.les stèles du jardin des 2 Rives à Strasbourg (sous la passerelle MIMRAM)
.le village EYE (European Youth Event) du Parlement européen de Strasbourg
.Strasbourg, capitale européenne de la démocratie et des droits humains
.le musée d’histoire de Bâle, la ville d’Erasme
.la cathédrale Notre-Dame de Bâle (idéal chrétien de paix-tombe d’Erasme)
.le siège européen des Nations Unies à Genève
.la division de l’éducation du Conseil des droits de l’homme à Strasbourg
.le pont "la Nouvelle Europe"entre la Roumanie et la Bulgarie
.le pont de Visegrad entre la Bosnie et la Serbie
.le pont de Glienicke à Berlin
.les fresques de l’East side gallery à Berlin le long de la Mühlerstrasse
.les céramiques peintes de Kossiv en Ukraine (pour transmettre des symboles de paix) classées au patrimoine mondial de l’UNESCO
.la fresque murale "Peace Hope" à Irpin
.les capitales européennes de la culture
.Saint-Pierre de Rome
.les plages du débarquement allié en Normandie
.la ligne verte de Chypre
.le palais et la fontaine de la paix à la Haye
.les places de la démocratie des capitales européennes
.le Conseil de l’Union européenne
.le Conseil européen et la Commission européenne
.le Comité international de la Croix-Rouge (CICR-Genève)
.la place de la République à Paris
.la Cour pénale internationale de la Haye
.l’oeuvre d’art "révolver noué" de Carl Fredrik Reuterswärd offerte par le Luxembourg à l’ONU de New-York
.le centre pour les libertés civiles de Kiev
.le centre virtuel de la Connaissance de l’Europe
.le Centre européen de la culture de Genève (la culture, c’est la liberté et la paix- le Centre européen de la culture est un centre de promotion des idées et valeurs de la culture et de l’identité européennes)
.le camp nazi de concentration et d’extermination d’Auschwitz en Pologne (être européen aujourd’hui c’est se souvenir, pour pouvoir construire un avenir de paix)
.toutes les stèles pour la paix qui ont été érigées dédiées à toutes les victimes de guerres, de crimes contre l’humanité et de génocides
.tous les traits d’union et les frontières ouvertes entre les pays européens (ponts ferroviaires, routiers et piétons)
mais aussi....Athènes, Rome, la Révolution de 1789, le marathon de la paix de Kosice en Slovaquie, le plus vieux d’Europe (1924), le concert du nouvel an par le Philharmonique de Vienne au Wiener Musikverein-Musikvereinsplatz (une façon de souhaiter au monde une bonne année par le biais de la musique, dans un esprit d’espoir, d’amitié et de paix !) et le préambule de la DUDH du 10 décembre 1948.
Tous ces lieux, ces monuments, ces évènements, ces oeuvres et ces textes sont pour les élèves des symboles de la paix et de l’unité européennes. Certains reviennent comme une évidence. D’autres sont plus originaux mais appartiennent au patrimoine culturel européen : une pédagothèque et un beau projet contributif qui devraient encore s’enrichir ces prochaines années !
Paix et liberté
L’Europe unie, gage de paix
Les 80 élèves ont réalisé des affiches à partir de leurs choix et de leurs représentations de la paix et de la démocratie européennes avec une expression extrêmement personnelle.
Des sortes de "puzzles" aux pièces dispersées, à l’image de la construction européenne.
Chaque élève a réalisé son propre montage à partir de ses propres choix ou a pioché à l’envi dans la liste proposée par le professeur : il a construit sa composition et y a posé ses mots.
Leurs modèles de paix à partir des 130 références utilisées dans le projet, leurs 18 textes (recueil ONE note for) et leurs points de vue partagés (sketchnotes) feront l’objet d’une exposition et d’une performance (cf article SOON FOR PEACE sur le site du collège) en fin d’année à Castillonnès et à Nitra.
Celle-ci reprend les ficelles du projet SO RIGHTS sur la paix, les droits de l’homme et la liberté d’expression réalisé en 2019 et récompensé à l’ONU de Genève.
Pour la plupart des élèves, l’Europe est plutôt une idée plus qu’une identité (cf projet WE ARE ONE-2022)
http://www.college-castillonnes.fr/spip.php?article1567
Un projet européen de large envergure
Le projet européen OUTSIDE est le prolongement desprojets SKOOP, SO RIGHTS et JEDNA EUROPA présenté au salon français du Palais des Nations Unies de Genève le 19 mars 2019 en présence de SE l’Ambassadeur de France François Rivasseau, récompensé par le prix national de l’UNESCO de la liberté d’expression à Paris et par le prix de l’éducation citoyenne à la Préfecture d’Agen en 2018. Il est constamment travaillé et réactualisé depuis 5 ans. Il a été récompensé 3 fois au Parlement et au Conseil européen de Strasbourg depuis 2022.
Droits de l’homme : les collégiens de Castillonnès à Genève
Ambassadeurs du monde à l’ONU de Genève
Droits de l’homme : les jeunes à Genève
Le collège de Castillonnès lauréat du concours national de l’UNESCO à Paris
Le collège Jean Boucheron, 1er prix du concours national UNESCO
Les collégiens vont être reçus à l’ONU
OUTSIDE a été conçu dans le cadre d’un travail à plus long terme, avec des séquences pédagogiques pouvant porter sur de nombreux sujets concernant le contexte historique et l’unité de civilisation, la construction européenne et le choc des transformations que les pays de l’Est ont subies depuis 1989 avec la fin du modèle soviétique, les levées démocratiques et la fin de la guerre froide, l’évolution du projet européen et le conflit russo-ukrainien, à travers les médias et une lecture artistique (juxtaposer des images c’est aussi construire un discours) dans la défense de l’idée d’une nouvelle union et des valeurs universelles.
L’Europe, une identité positive
85% des élèves pensent que la nature de la paix européenne est plutôt fondée sur une identité positive (c’est avant tout l’Europe qui fait la paix mais aussi la paix qui fait l’Europe) mais 30% estiment qu’elle est incomplète.
En conclusion, les 80 élèves pensent que les questions étaient bien appropriées aux thèmes de l’étude : elles disent aussi ce que les valeurs et les principes de l’Union signifient concrètement sur la paix, la démocratie, la liberté, la dignité humaine, l’égalité, la justice et le respect des droits de l’homme.
90% d’entre eux pensent que s’informer est une responsabilité citoyenne et qu’il est important de suivre l’information continue sur l’Europe et le monde pour prendre une part active aux débats, partager les idées et les opinions pour comprendre ses enjeux et prendre de bonnes décisions.
Il est difficile pour eux d’imaginer la paix et la démocratie en Europe sans un ordre médiatique relativement efficace et fiable. C’est même une condition essentielle.
"Aucun Etat ne peut être démocratique si ses ressortissants dédaignent la politique. Assumer ses responsabilités citoyennes, c’est aussi s’informer sur les évènements, contribuer au débat public d’idées et à la formation d’une volonté publique afin de participer activement en tant que citoyen engagé"
Congrès des pouvoirs locaux et régionaux- Conseil de l’Europe-2011
La guerre en Ukraine : un évènement total
Le sondage fait ressortir que les élèves français et slovaques ont confiance dans les médias (55%) mais se méfient de plus en plus des fake news sur les réseaux sociaux, qui permettent aussi de s’informer plus rapidement et plus facilement (85%).
Ils essaient de faire attention à leur rapport à l’information.
Ils trouvent que les médias relaient beaucoup d’informations fausses ou anxiogènes des chaînes d’informations aux réseaux sociaux.
Ils pensent aussi que l’information "en urgence" ne permet pas de tout vérifier (82%) et que les journalistes abandonnent souvent cette prudence dans le cas de la guerre où rumeurs, désinformation et auto-intoxication se côtoient.
Ils ont pu le vérifier dans leurs prises et dans leurs recherches d’informations sur le conflit en Ukraine.
A l’ère des réseaux sociaux, les informations données et publiées deviennent aussi des informations stratégiques qui permettent de suivre la guerre en temps réel.
Il y a beaucoup de vidéos et de photos liées à la guerre en Ukraine.
Ces données produites à partir de sources d’informations publiques sont de plus en plus utilisées par les journalistes d’investigation mais elles ne peuvent pas toujours permettre d’identifier le contenu des clichés ou de faire les bons choix.
On peut aussi trouver différentes versions selon les sites sur lesquels l’information est traitée.
Les métadonnées utilisées par les médias (OSINT-Open Source Intelligence), la presse, les réseaux sociaux et l’information en continu sont devenus une arme de la guerre de l’information en Ukraine.
88% des élèves pensent qu’il est important d’authentifier les sources d’une information pour comprendre les circonstances et les faits et rejoignent l’opinion de Voltaire selon laquelle "un jugement trop prompt est souvent un mauvais jugement".
OSINT
Guerre en Ukraine-OSINT-Medias-Informations en ligne-Journal 20 minutes
62% des élèves estiment qu’il est important de pouvoir suivre la "guerre en direct" au nom du droit à l’information et qu’une image de la guerre est forcément une image... contre la guerre !!
Ils disent que les médias sont un élément indissociable de la guerre.
76% pensent que les clichés sont dictés par les évènements et 34% disent que les informations dures et violentes doivent être diffusées si elles ont un sens.
Le rôle des médias dans la guerre ne se limite donc pas à informer mais aussi à sensibiliser, à défendre une cause, à mobiliser ou à dénoncer.
Se pose ici la question de la neutralité et de l’objectivité car ils prennent aussi parti pour des raisons patriotiques ou idéologiques (lors de notre étude nous avons pu constater que l’information pouvait varier d’un pays à l’autre).
Les médias peuvent en effet être manipulés à des fins politiques.
75% des élèves pensent qu’ils influent sur le déroulement du conflit ukrainien et la diplomatie.
58% des élèves pensent qu’il ne faut pas croire toutes les informations qu’on lit ou qu’on entend sans les avoir vérifiées avec 2 ou 3 autres sources sérieuses pour pouvoir exercer son esprit critique.
89% pensent que face à ce conflit les médias européens ont plutôt choisi de mobiliser plutôt que d’informer.
Son traitement sort du cadre journalistique traditionnel.
Ils disent qu’il faut aussi avoir des avis différents et plusieurs points de vue pour forger sa propre opinion (68%) car on se nourrit des informations fournies par les médias et traiter l’information en temps de guerre n’est pas facile.
Ils doivent cependant rester un support pour l’information et la vérité (78%).
Nous avons abordé tous ces points essentiels dans notre sondage.
La grande volée des cloches
"Une guerre n’est jamais couverte de manière positive car il n’y a pas de guerre sans victimes et sans morts. Quand elle éclate il est toujours difficile de savoir où est la vérité : le plus important est de comprendre ce qui se passe, non simplement d’avoir des images sous nos yeux. Le problème, c’est qu’on a souvent l’image avant d’avoir l’information. On se fait facilement happer !" - Florent Thomassin (collège de Castillonnès)
"L’angoisse collective et la dramatisation constante ne doivent pas aussi rendre d’autres hostilités possibles. L’information, même en temps de guerre doit oeuvrer à la paix "- Nela Kupcova (lycée de Nitra)
"Des reportages, des flashs : on ne voit toujours que les fragments de la guerre. On ne voit pas tout, on ne nous dit pas tout. Il y a toujours des informations manquantes, donc beaucoup de flou et il est difficile de dire et de décrire les images associées à la guerre. Il y a aussi tout ce qu’elles projettent au-delà des mots et dans leur dimension tragique. Chacun ne les lit pas de la même manière. "- Judith Burger (collège de Castillonnès)
Les médias et la démocratie
78% disent que des médias pluralistes sont un élément essentiel de nos démocraties.
Sur cette question, les élèves français et slovaques sont presque tous réunis dans ce même jugement.
En matière d’information, les réseaux sociaux suscitent également une confiance que les médias classiques ont perdue car les journaux papier sont moins lus par les jeunes (16.5% seulement des parents achètent des journaux régulièrement).
A Castillonnès, le collège est abonné au journal La Dépêche et les élèves pu consulter et suivre par ce biais l’information en continu sur l’Europe pendant 6 mois dans le cadre du projet. Nous avons complété l’étude avec les articles majeurs du journal Sud-Ouest et quelques titres nationaux + Courrier International +Le Un Hebdo.
Cette enquête et cette étude de presse auraient bien évidemment mérité l’approfondissement de certains résultats pointés et l’exploration d’autres dimensions d’analyse.
Nous sommes simplement partis de la position des élèves et de leurs réflexions dans les débats et des travaux réalisés sur la paix, la liberté, la démocratie, l’Etat de droit, les principes qui fondent l’Europe mais aussi des affirmations avec lesquelles ils sont le plus d’accord.
Le projet a nécessairement évolué avec l’actualité depuis 2022.
A travers leurs études, leurs recherches et leurs travaux, ils rappellent que les Européens se sont rassemblés pour faire la paix et s’enrichir de leurs cultures et de leurs différences.
Les résultats de l’enquête montrent que les élèves français, lituaniens et slovaques n’ont pas une perception différente de la paix mais que celle-ci est associée directement aux évènements et changements historiques liés à la construction de l’Europe et à leur marqueurs culturels identitaires (cf projet WE ARE ONE réalisé en 2022 sur l’identité européenne).
22% d’entre eux se sentent français, slovaques, lituaniens et européens.
78% disent être plus attachés à leur pays et à leur région.
Ils marquent une adhésion aux principes démocratiques mais souhaitent les voir évoluer.
Ils avouent encore à leurs âges mal connaître le fonctionnement des institutions et la représentation politique européenne car ils ne s’y intéressent pas vraiment et la politique ne leur inspire pas toujours confiance.
54 % des élèves disent aussi se méfier du populisme qui prétend représenter et défendre le peuple contre les élites systématiquement présentées comme corrompues et égoïstes, même s’il a fortement progressé au cours de ces dernières années.
Des points de vue différents ont aussi été abordés dans le travail d’interprétation des
informations et des thèmes consacrés au sujet sur des problèmes fondamentaux et identiques.
De l’union des libertés, des signes de paix
En conclusion, les élèves ont une vision plutôt positive de l’Europe qui se rapproche ce qu’ils pensent : une opportunité pour eux de construire, d’échanger, de partager, de voyager, de s’exprimer librement et de.....vivre en paix dans un espace de sécurité et de justice.
Ils disent que la meilleure façon de définir le lien entre les Européens est la connaissance de leur histoire, la solidarité et le civisme, l’esprit, la conscience, la culture et la civilisation.
Les notions ou valeurs qui définissent et renforcent l’idée européenne qu’ils citent sont :
l’égalité (92%)
la paix, la solidarité et la justice (76.9%)
la liberté et les droits de l’homme (69.2%)
la sécurité (53.8%)
la coopération (46.2%)
la démocratie (38.5%)
l’unité de civilisation et la dignité humaine (30.8%)
la fraternité et l’esprit d’amitié (38.2%)
la diversité, la citoyenneté et les institutions (23.1%)
la culture et l’éducation (15.4%)
la volonté politique au service d’un même idéal humain et l’histoire partagée et réconciliée (7.7%).
Ils ont réuni toutes ces valeurs dans la maison de l’Europe qu’ils ont construite en classe : une maison dans laquelle ils se sentent en sécurité.
Ils se disent prêts à s’engager pour la paix aujourd’hui.
Ils promettent de développer et de porter leur projet pour promouvoir l’Europe, la liberté et la fraternité et d’expliquer leur travail et leurs objectifs aux autres jeunes européens afin de les amener à vivre dans le rapprochement de leurs cultures et dans la paix.
A l’issue du questionnaire :
47% des élèves se disent europtimistes
16% sont eurosceptiques
8% sont europessimistes
29% ne se prononcent pas (sont plutôt pragmatiques)
"Vivons en paix et nous ne serons plus ennemis : la seule solution, c’est de continuer à faire l’Europe"-Damaris Do Van (lycée de Nitra)
Où va la paix ?
Où va la démocratie ?
Sur leurs cloches le mot "paix"
La guerre comme si de rien n’était
Nos élèves restent convaincus que c’est en faisant l’Europe ensemble qu’elle sera meilleure demain.
L’idée de paix est profondément attachée à leur vision de l’Union : à chaque étape de la conception du projet, leurs textes, leurs messages, leurs mots, leurs cloches dessinées et leur cloche commune en céramique, leurs sketchnotes, leurs croquis de travail, leurs images, leurs planches d’informations, leurs flyers, leur plaidoyer pour la paix, leur clip de projet OUTSIDE et leur engagement citoyen et humaniste lors des cérémonies de commémoration du 11 novembre et du 8 mai permettent de développer leurs valeurs, leur conscience collective et de mettre en valeur leur culture autour d’un objectif commun, aux côtés de la Déclaration universelle des droits de l’homme, de la charte de l’Union européenne, de la charte de l’ONU et du droit humanitaire international.
Ils n’ont cessé de s’interroger sur l’idée de paix et le rôle pacifiste de l’Europe mais aussi parlé de politique, de philosophie, d’enthousiasme et de doute.
A travers les messages de paix de leurs 85 cloches qui résonneront ensemble le 24 février et le 9 mai 2026, le courage et la dignité des Ukrainiens méritent aussi d’être entendus.
Les collégiens français et les lycéens slovaques et lituaniens ont eux-mêmes signé leur propre déclaration des droits de l’homme.
Leurs convictions, leur conscience, leur engagement et leur émotion sont d’indéniables signes d’espoir.
Leur sentiment européen est solide et leur projet est pertinent et sensible.
Cet Eurobaromètre de la paix est le reflet de leurs opinions et de leurs espoirs vis-à-vis de l’Union européenne.
Il peut être un outil de travail intéressant pour la coopération européenne en matière de jeunesse : il donne matière à penser l’Europe et s’adresse à tous.
L’Europe à coeur
"Travailler sur ce projet signifie développer la prise de conscience de notre identité européenne, de nos liens et de nos cultures, raison pour laquelle nous sommes ensemble : tout mettre en harmonie et avec enthousiasme, c’est mieux. Plus on connaît, plus on aime mais on ne parle pas assez de l’Europe dans les médias !".
Ivana Jakubkova (lycée de Nitra)
"Nous avons écrit avec nos mots, à partir de situations, de ce que nous ressentions face à l’actualité. Nous avons parlé avec nos idées et notre imaginaire. Il y a des choses qui nous ont touché. Ce qui est rassurant, c’est que nos camarades slovaques pensent la même chose. Et il y a beaucoup de choses qui peuvent changer. J’ai pris des notes, j’ai dessiné des choses positives. Juste un travail d’agencement d’idées en gardant le sens du projet, un travail et des sentiments, des images épinglées sur un panneau d’exposition...
Il ne faut pas se taire quand on pense que ça sert. La liberté d’expression est celle qui permet de défendre toutes les autres. A travers notre projet, avec nos correspondants slovaques, nous sommes les ambassadeurs et les ambassadrices de la paix et de la fraternité en Europe pour la dignité des victimes du conflit en Ukraine. On ne s’habitue jamais à travailler sur une guerre qui nous concerne tous...il faut toujours se poser des questions"
Evita Van Bruggen (collège de Castillonnès-2025)
"La paix, c’est l’absence totale de guerre"
Ema Toutain (collège de Castillonnès-2025)
Il est bon également de nous confronter à nos valeurs et doucement rallumer les étoiles.
Nous continuerons, avec nos élèves, à parler de paix et de démocratie, à veiller à nos engagements, au sens de nos actes et de nos mots à travers les actions menées pour les défendre.
L’éducation et la culture doivent servir de base solide au développement de notre avenir commun.
La paix, la liberté et les droits de l’homme se pensent toujours résolument à l’échelle européenne.
N’oublions pas qu’en 1938, les accords de Munich scellèrent la mort d’un Etat indépendant, la Tchécoslovaquie, pour sauvegarder une paix illusoire...
Que s’est-il passé en 2014 quand on a laissé la Russie envahir la Crimée ?
Les grands défis de l’Europe commandent aujourd’hui de prendre la mesure de la fragilité des démocraties.
De la fragilité humaine tout simplement.
L’ukrainien et le russe
Chez nous et ensemble, nous serons toujours au coeur de l’Europe !
En Europe, en France, en Slovaquie, en Allemagne, en Pologne, en Ukraine, en Russie, les jeunes se mobilisent pour la paix et la démocratie !
"Devant les perspectives terrifiantes qui s’ouvrent à l’humanité et pour empêcher que le monde se défasse, la paix est le seul combat qui vaille d’être mené.
Albert Camus-prix Nobel de littérature en 1957
Editoriaux et articles (1944-1947)
Editions Gallimard
"Le salut des Européens réside avant tout dans leur conscience et leur solidarité devant un même danger. Il y a dans la notion d’identité européenne, une notion d’urgence et de nécessité"- Robert Schuman
En documents joints
.le sondage et les résultats de l’enquête en ligne réalisés par les lycéens de Nitra et traduits en slovaque
Anketa vynodnotenie
.le tableau de préparation des planches sur l’Europe de la paix pour inscrire le récit du projet des élèves avec une diversité de points de vue qui permettent d’aborder le sujet dans toutes ses dimensions.
Intégralité du projet SKoop
http://www.college-castillonnes.fr/spip.php?rubrique130
L’article "Préserver l’Europe par la paix" est l’article qui a été le plus consulté sur le site du collège.
Il a été traduit en slovaque et en lituanien.
Prochainement en ukrainien.
Deux oeuvres ont également inspiré les élèves pour leurs affiches et le clip de projet :
*la paix de Kefta Laure
*les limbes de Sébastien Kuntz (un parcours européen de la paix)
Comme nous regardons l’Europe, nous sommes.
A 80 sous les étoiles, nous nous sentons européens, c’est la plus forte de nos convictions, notre engagement concret !
Il faut apprendre les libertés pour défendre les valeurs de la démocratie.
Sans Ukraine libre, l’Europe ne peut pas être pleinement libre...
80 ans et....après, nous avons la responsabilité de construire un futur de paix.
Il faut être très attentif à ce sujet-là.
C’est le message singulier de notre projet.
Conçu après 12 ans de partenariat, il a nécessité une quantité de travail phénoménale pour approfondir les thématiques et a beaucoup mûri. Nous y sommes parvenus grâce à une bonne entente et à une solide et nécessaire volonté de solidarité pour les enjeux de paix européens.
Ils nous concernent tous.
Les Ukrainiens ont besoin de NOUS.
L’Europe a besoin de TOUS.
Lubica BUBAKOVA
Marija ZAREMBIENE
Bruno PHILIPPE
A lire
Jérémie Dres, Carnet d’Europe
Dans ce roman graphique, un ancien étudiant Erasmus tente de comprendre pourquoi l’Europe de 2016 traverse une phase de remise en question.
Il part à la rencontre de ses camarades de promotion avec lesquels il avait eu l’impression de vivre le rêve d’une Europe unie et multiculturelle en 2006.
Lien sur LLS.fr/HG3Carnet
Caroline Gillet et Amélie Fontaine, I like Europe, 2015
En 2014, la chaîne de radio France Inter dresse le portrait de la jeunesse européenne à travers une dizaine de témoignages. Les illustratrices Caroline Gillet et Amélie Fontaine les présentent dans un album illustré.
Europe s’organiser + ensemble ! (site internet)
Cette publication de 2020 sous forme de brochure numérique a été réalisée par les institutions européennes à destination des jeunes citoyens de l’espace commun.

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